Artiste
Deih
Ville
Le Pont-de-Claix
Adresse
17 rue Firmin Robert, 38800 Le Pont-de-Claix
À propos de l'œuvre
La conception de cette œuvre est partie de la forme bien particulière du bâtiment avec laquelle l’artiste a joué pour poser le personnage principal avec son masque fracturé. Comme dans beaucoup d’œuvres de Deih, les échelles de tailles se rencontrent pour créer une narration cosmologique où les personnages jouent avec une certaine notion de l’univers. Dans cette œuvre, notre intériorité est mise à nu, visible de l’autre côté du masque, face à un univers de possibles.
Pour Deih, notre époque se résume à deux possibilités : partir s’installer sur d’autres mondes — réels ou imaginaires — ou restaurer et réparer celui dont nous sommes encore dépositaires en plantant maintenant la graine d’un futur désirable.
« C’est étrange comme les idées surgissent pour les différents projets. Dans ce cas, il s’agissait de réaliser une fresque très stellaire, très cosmique, car la pièce se trouve dans le quartier où l’arrêt de Tramway s’appelle l’étoile et qu’elle est située juste à côté de Cosmocité, le planétarium de la ville de Pont-de-Claix.
Ce qui a déclenché l’étincelle pour créer cette image, c’est la forme du bâtiment et la possibilité d’en faire naître quelque chose de vibrant, comme ces vieux posters de films où l’on pouvait deviner une histoire et la compléter dans son esprit.
J’ai eu très vite l’idée d’encadrer le masque brisé d’un astronaute perdu dans l’un de ces rectangles en haut de la façade. Comme si ce masque était une fenêtre ouverte sur ses pensées, sur ses émotions les plus profondes. Un masque brisé, mais une émotion intacte : la nostalgie.
La nostalgie des temps passés et des temps futurs. La nostalgie d’un avenir qui aurait pu exister et qui nous échappe peu à peu. Je parle ici de la vie elle-même, de l’intime, mais aussi de la planète et de sa dérive.
Tel que le monde est aujourd’hui, il est très facile de se sentir déraciné, désorienté, à la dérive. On a l’impression qu’il faut avancer à toute vitesse, quoi qu’il arrive, pour construire une forme d’évasion, comme si c’était la seule option possible. Mais nous oublions que nous sommes là parce que nous avons choisi ce chemin jour après jour, sans nous demander s’il existait d’autres voies.
Il existe pourtant la possibilité d’affronter le lac sombre que nous traversons en y semant de la lumière, en s’autorisant de nouvelles façons de penser, en plantant des galaxies entières qui pourraient grandir et créer de nouvelles manières d’être au monde. Un monde où nous pourrions nous retrouver et, ensemble, faire pousser quelque chose de nouveau. Ici, sans fuir, semer un monde plus doux dans lequel habiter, grandir et continuer à briller, sans peur de nous autodétruire. » Deih
The conception of this work started from the very particular shape of the building, with which the artist played to place the main character with his fractured mask. As in many of Deih’s works, scales of size meet to create a cosmological narrative where the characters play with a certain notion of the universe. In this work, our interiority is laid bare, visible on the other side of the mask, facing a universe of possibilities.
For Deih, our era boils down to two possibilities: leave to settle on other worlds — real or imaginary — or restore and repair the one of which we are still the guardians by planting now the seed of a desirable future.
“It’s strange how ideas emerge for different projects. In this case, it was about creating a very stellar, very cosmic mural, because the piece is located in the neighborhood where the tram stop is called ‘L’Étoile’ and right next to Cosmocité, the planetarium of Pont-de-Claix.
What sparked the idea for this image was the shape of the building and the possibility of bringing something vibrant out of it — like those old movie posters where you could sense a story and complete it in your mind.
From the very beginning, I knew I wanted to frame the broken mask of a lost astronaut inside one of the rectangles at the top of the façade. As if this mask was a window open onto his thoughts, onto his deepest emotions. A broken mask, yet an intact emotion: nostalgia.
Nostalgia for times past and times future. Nostalgia for a future that could have existed and is slowly slipping away from us.
I’m talking about life itself, about the intimate, but also about the planet and its drift.
As the world is today, it’s very easy to feel uprooted, disoriented, adrift. It feels like we have to rush forward at full speed no matter what, to build some kind of escape, as if it were the only possible option. But we forget that we are here because we chose this path day after day, without asking ourselves whether other routes were possible.
Yet there is another possibility: to face the dark lake we are crossing by sowing light into it, by allowing ourselves new ways of thinking, by planting entire galaxies that could grow and create new ways of being in the world. A world where we could find each other again and, together, grow something new. Here, without fleeing, to sow a gentler world in which to live, grow, and continue to shine — without fear of destroying ourselves.” — Deih
Timelapse
Interview de l'artiste